[SORTIR] Pourquoi n’y a-t-il pas plus de restos permettant les chiens?

Au Québec, la Loi du MAPAQ est stricte. Et pourtant, nombreux sont ceux qui croient qu’il ne suffit que de demander à un restaurateur s’il nous est possible d’être exceptionnellement et discrètement accompagné de notre gentil chien à l’intérieur ou ne serait-ce que sur la terrasse.  Hors, une simple exception risque bien de coûter des milliers de dollars en amende à un tenancier en effraction. 

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Une réglementation stricte du MAPAQ
À la base, la Loi du Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) est claire : Le lieu de production et service d’aliments doit être exempt de toute espèce d’animaux. Cependant, sont admis les animaux d’assistance permettant à une personne de pallier à un handicap.

Pourquoi une réglementation aussi stricte et restrictive?

Et bien, au MAPAQ, on nous indique que les choses sont ainsi par soucis d’hygiène; pour éviter que des poils d’animaux se retrouvent à voler dans l’air et volent dans la nourriture, qu’un chien puisse accéder aux cuisines ou aux plats de clients voisins de sa table et ne contamine le tout avec sa salive qui serait projetée. Il en va de même aussi pour les terrasses, et ce, même si tous les clients qui seraient présents se diraient d’accord à ce qu’un chien accède à l’aire de service.

La Loi, c’est la Loi!

Bref, suivant cette logique, (sarcasme) vous êtes peut-être en danger d’intoxication à chacun de vos repas à la maison puisqu’un abominable chien crasseux et vorace habite sous votre toit. Ajoutez à cela de la laitue romaine et vous n’êtes probablement plus éligible à votre assurance vie, faut croire.

Dog on the kitchen table. Happy family in the kitchen

La réalité du marché
Si, en Europe et aux États-Unis, nombreux sont les restaurants permettant la présence de chiens tant en terrasse qu’à l’intérieur, il en est tout autre au Québec où la plupart de ce qui est appelé café-canin n’a qu’une offre très limitée qui ne se résume bien souvent qu’à des viennoiseries emballées et une machine à café adjacente à un parc à chien intérieur (lorsqu’il y en a un). Nombreux sont même les commerces s’identifiant comme café-canins qui sont d’abord et avant tout un commerce de services et accessoires pour animaux ayant, au passage, une cafetière et quelques tables.

De rares établissements en offrent un peu plus. C’est le cas de D’la tasse au museau à St-Jean-sur-Richelieu qui sert notamment smoothies, grilled-cheese, bagles ou muffins et on s’y sent comme dans un resto traditionnel ou presque.

De son côté, le Doggy Café de Montréal offre une variété de burgers, salades et pâtes, le tout dans une ambiance chaleureuse.

Mais c’est sans doute chez Hot Dog et cie à Brossard où l’on retrouvera le menu des plus complets, cuisiné sur place et comparable à ce que l’on retrouve dans un resto traditionnel avec, en plus, un permis d’alcool permettant de servir bières, vins et cocktails. Cependant, ce n’est pas en claquant des doigts que l’établissement peut offrir  une telle expérience à sa clientèle.

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Conditions à respecter pour permettre la présence de chiens
Pour se conformer aux exigences du MAPAQ, un restaurant désirant ouvrir ses portes et/ou sa terrasse aux chiens doit s’assurer, tout d’abord, que sa cuisine est isolée de l’aire de service et consommation de nourriture. On pense donc à l’aménagement de murs, portes automatiques, sas… Tout ceci représente des dizaines de milliers de dollars d’investissement.

De ce fait, pour délivrer son permis de restauration à un tenancier, le MAPAQ peut exiger des aménagements précis, déterminer certaines conditions (comme l’interdiction à tout employé potentiellement en contact avec un chien d’être en contact direct ou indirect avec la nourriture ou même de pénétrer les cuisines). De plus, le restaurateur doit s’attendre à des inspections plus fréquentes qu’un restaurant traditionnel. Bref, tout un casse-tête qui peut décourager plusieurs entrepreneurs dans le développement et le maintient d’un tel établissement.

Deux poids deux mesures
Certains tenanciers seraient enclins à réserver des sections de leur resto ou terrasse aux clients avec chiens; un peu comme dans le temps avec les sections fumeurs ou encore dans certains restos familiaux où l’on peut demander d’aller en section bar pour éviter d’être dérangé par des enfants qui crient ou des bébés qui régurgitent en plein repas à 3pi de la table voisine.

Du coup,  la clientèle pourrait très bien choisir d’aller ou non dans un établissement flexible et ouvert à la présence d’animaux de compagnie.

Pendant ce temps, à mon supermarché, des employés taponnent à la fois de l’argent et mes fruits et légumes, se grattent le nez en raison d’une fin de rhume juste avant de scanner ma baguette de pain, on assoie des enfants dans les mêmes paniers où l’on dépose nos aliments mais personne n’en fait de cas.

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